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Des patients de la Clinique Belmont vous racontent leur combat et leur évolution:

Livre d'or


Lettre ouverte de P., H. et F. pendant leur hospitalisation :

Salut,

Bienvenue à la Clinique Belmont. Oui, tu vas être tutoyé, ici c’est normal. Un peu comme dans une grande famille. Ce n’est pas du tout un manque de respect, mais vu la mixité d’âges et la diversité des patients, le vouvoiement est assez difficile à maintenir. Ici les plus jeunes entrent dans l’adolescence et les plus âgés vivent parfois une parenthèse dans leur retraite.

Tout le monde a le droit d’aller mieux, de se soigner : peu importe son âge et sa situation personnelle.
Donc, tu viens d’arriver, ne t’inquiète pas, c’est normal d’être angoissé ou un peu mal à l’aise. On est tous passé par là. Ce sera plus facile demain, crois-moi.
Si tu es ici aujourd’hui, c’est que tu as décidé de te soigner, de guérir d’une ou de plusieurs maladies qui t’empoisonnent la vie actuellement. Le reconnaître est déjà honorable.

Alors bravo, bravo d’avoir osé faire le pas vers une vie meilleure et bravo de vouloir prendre soin de ta santé. De toi.

La décision n’est pas facile à prendre, amais c’est le premier pas vers la guérison. La clinique fonctionne d’ailleurs sur cet unique principe : la volonté personnelle de guérir. Personne n’est forcé à venir ni à rester.

Enfin, à la clinique Belmont, tu vas rencontrer, entre autres, deux types de patients ayant des problématiques différentes :

1. Les addictions

Peut-être comme toi, ou pas, il y a des patients ici souffrant d’addictions. Addictions au sens large. Addictions aux drogues, aux médicaments, à l’alcool etc. On ne fait pas de distinction entre les produits ou substances consommés. Toute personne dans le besoin, ayant une volonté de guérir, a une place pour se soigner. On ne choisit pas de tomber malade. Que ce soit une addiction ou une autre maladie, il n’y a pas de différence.

Le processus de guérison pour ces patients à la clinique passe par une période de sevrage. Les substances addictives sont arrêtées et parfois substituées par des médicaments. Cette période de sevrage est brutale pour l’organisme et le corps met parfois un certain temps à s’adapter. Quand on a pris l’habitude de soulager ses douleurs physiques ou souffrances mentales en les anesthésiant avec des produits, le retour aux sensations n’est pas facile.
Tristesse, déprime, méfiance, fragilité, fatigue, sautes d’humeur, crises d’énervement, agressivité, irratibilité etc.
Tous ces symptômes (la liste est inexaustible) montrent que le corps se bat. Il lutte contre un changement radical qu’on lui impose, un tsunami de nouvelles sensations physiques - souvent oubliées, éteintes ou repoussées - sont évidemment désagréables.

Les patients ne peuvent pas forcément contrôler ces comportements. Le temps d’adaptation est différent pour CHAQUE patient. Il est inutile de se comparer aux autres, chaque corps réagissant différemment. Le non-jugement est ici primordial. On vient dans une clinique pour se sentir en sécurité et à l’abri, tant de nous et de nos comportements destructeurs, que de l’extérieur. De cet environnement extérieur, qui pour le moment, est invivable pour le moment.

Les groupes de la clinique seront là pour apprendre à gérer ces moments délicats. Tous les patients apprenent la gestion des émotions, la méditation, la relaxation etc. La liste des groupes proposés est grande et variée. Chacun pourra finalement y trouver ce qu’il est venu chercher.

Le quotidien dans ces instants fragiles peut être compliqué. Il est donc demandé de faire preuve de patience, d’empathie et surtout de respect. Le respect de l’autre, de sa souffrance et de son mal-être.  Nous sommes dans une clinique, pas au Club Med.

Si nous sommes dans cette clinique, c’est que nous vivons une période de notre vie assez difficile. Une cohabitation de personnes en souffrance peut être déstabilisant. Il ne faut donc pas oublier que chacun fait du mieux qu’il peut avec ce qu’il a.
Une des règles à toutefois respecter est de ne PAS NOMMER les produits et substances auparavant consommés. Cela peut réactiver des mémoires et raviver de mauvais souvenirs. Autant pour les patients souffrant d’addictions que pour les autres.

Le but ici n’est pas d’éviter la conversation ni de contourner ou de nier le problème. En acceptant qu’il s’agit d’une période compliquée à traverser, les questions ou sujets délicats sont plutôt à discuter avec les soignants. Ils sont là pour répondre aux questions, nous conseiller et surtout nous épauler. Voici quelques remarques qu’il serait judicieux de ne pas répéter ni d’entendre.

  • Eviter les conversations sur les façons de consommer
  • Respecter le refus de chacun de ne pas vouloir s’expliquer ou évoquer son passé
  • Ne pas interroger les patients sur leur maladie s’ils ne veulent pas en parler
  • Ne pas conseiller ni pousser les autres à la consommation

Nous sommes là pour guérir, et non pour partager nos connaissances ou habitudes de consommation avec les autres. Le but n’est pas d’inciter à de nouveaux comportements maladifs.

2. Les troubles du comportement alimentaire (TCA)

Il y a également des personnes souffrant de troubles du comportement alimentaire. Tu es peut-être atteint de ce trouble, ou pas. Comme les addictions, ce sont des maladies. Des maladies qui ne dépendent pas NON PLUS d’une éventuelle volonté personnelle. Essaye plutôt de le voir comme une autre façon d’exprimer un mal-être, une souffrance autant physique que psychique.

Dans ces troubles du comportement alimentaire, tu as certainement entendu parler de l’anorexie. Maladie mentale qui tourne autour d’une alimentation très contrôlée, voire d’une non-alimentation, de l’obsession du poids et de l’image corporelle. Cela peut être très visible, ou pas. Beaucoup de personnes pensent qu’il ne s’agit que d’un régime ou d’un caprice. Ce n’est absolument pas le cas. En effet, les patients peuvent être très amaigris, en sous-poids et physiquement très marqués sans avoir voulu en arriver là.

Cependant, ces patients ne se rendent souvent pas compte de leur état de dénutrition. Du déni peut encore persister même au début de l’hospitalisation. Beaucoup de patience et de persévérance sont nécessaires à la guérison.

Un trouble tout autant présent est la boulimie. Comportement qui se manifeste par une ingestion d’aliments bien plus grande que la normale, et ce en peu de temps. Cela peut se passer lors des repas, ou à tout autre moment de la journée. On appelle ça une crise de boulimie. On peut le voir comme une pulsion irrépressible qui ne passerait qu’après avoir été assouvie. Elle est très difficilement contrôlable. Certains patients souffrant d’addictions reconnaîtront ce processus. Après cette crise, il peut y avoir parfois des comportements compensatoires, tels que vomissements, sport à excès ou prise de laxatifs/diurétiques. Des sentiments de culpabilité, de colère ou de tristesse vis-à-vis de la nourriture sont souvent présents.

Il y a également l’hyperphagie. Trouble qui, comme la boulimie, est caractérisé par une grande quantité de nourriture ingérée, mais qui n’est pas suivi par un comportement compensatoire.

Il existe aussi des troubles du comportement alimentaire atypiques. On ne peut pas réellement les catégoriser, mais ils expriment tout autant un mal-être. La façon de s’alimenter est donc différente, mais pas toujours très visible ni distinguable.

Que ces troubles soient visibles ou pas, ils n’en sont pas moins véridiques. Toute maladie n’a pas forcément de manifestation physique. Dans leur vie de tous les jours à la clinique, quels que soient leurs troubles, les patients « TCA » peuvent vivre les repas comme des moments extrêmement difficiles.

Manger ? Pas manger ? Beaucoup ou pas assez ?

Le réapprentissage d’une alimentation régulière, en communauté et surtout en quantité dite « normale », peut être très éprouvant. Lors des repas, toutes les personnes de la clinique sont mélangées à table. Le plan de table est modifié chaque semaine. Cela permet de redécouvrir le côté « social » des repas.

Pour que ces moments se passent le mieux possible, on te demande, que tu sois ici pour des addictions ou justement pour des troubles alimentaires, de ne pas évoquer certains sujets.

Encore une fois, le but n’est pas de créer une bulle stérile où toute conversation à propos de nos maladies serait niée ou n’aurait pas lieu d’être. Ce serait contre-productif. Cependant, cela s’annonce déjà assez éprouvant à vivre pour tous les patients. Respecter l’espace de chacun sans l’envahir de questions et de remarques est donc un très bon début.

  • Éviter les commentaires sur la façon de manger/ de se comporter : 

« tu manges si lentement/vite ! »
« pourquoi tu ne manges pas ça ? »
« pourquoi tu manges si bizarrement ? »
« pourquoi tu tries les aliments dans ton assiette ? »
« les bonnes huiles/graisses sont très bonnes pour la santé .»
« tu devrais manger un peu plus, tu en as besoin. »
« tu as bon appétit dit donc ! »
«  tu manges beaucoup pour un corps si mince ! »
«  tu veux que je te donne un peu de mon repas ? »
«  Tiens, je te donne mon pain, tu en as besoin. »
«  je ne pourrais jamais manger autant que toi, je grossirais ! »
«  je vais essayer de manger comme toi, j’essaye de perdre du poids »
«  moi je fais régime, j’ai perdu x kilos ! »
«  tu me donnerais des conseils pour maigrir ? »
«  tu fais beaucoup trop de sport, ce n’est pas bien. »
«  moi j’ai mangé X calories aujourd’hui »
«  pour maigrir, il faut manger/éviter tel ou tel aliment. »
«  ce matin j’ai eu la pesée, j’ai pris/perdu du poids. »
«  comme je fais un régime, je fais très attention à ce que je mange. »

  • Éviter les commentaires sur l’apparence corporelle :

«  tu es tellement maigre. »
« on voit tes os. »
«  ça se voit que tu manges bien. »
«  tu n’as pas l’air malade … tu as l’air normal physiquement. »
«  tu ne ressembles pas à une anorexique. »
«  moi j’ai un IMC à X : quel est le tien ? »
«  tu me donnes tes conseils pour perdre du poids ? »
«  je vois que tu as grossi cette semaine, c’est bien ! »
«  tu as maigri, faut se reprendre ! »
«  tu devrais peut-être faire attention à ce que tu manges … »

Outre les troubles du comportement alimentaire et les addictions, d’autres pathologies sont soignées à la clinique, telles que dépression, phobie sociale etc. Le principe reste le même : la bienveillance, le non-jugement, le respect de l’intimité de chacun et la tolérance prévalent.

Merci de ta compréhension et que la force soit avec toi ! Tin, tin, tin, tin-tin-tin, tin-tin-tin…


S. 15 ans (addiction au jeu)

Moi ce que j’aime bien à la Clinique c’est les groupes « humeur du matin », « gestion des émotions », « prévention de rechute » et surtout « table de ping-pong » et le baby-foot. C’est des moments qui m’aident à me poser des questions sur moi-même et à me cadrer. Mais ce que je ne trouve pas facile c’est d’être coupé de ma vie sociale à l’extérieur de la Clinique.


E. 16 ans (cyberdépendance et trouble alimentaire)

Pour moi, ce que je trouve super c’est que les horaires sont souples et que ça me permet de pouvoir sortir un peu chaque jour. C’est un endroit où je me sens protégé et j’apprends petit à petit à être plus autonome. Par contre, ce que je n’aime pas c’est qu’on est placé à table et qu’on doit partager la chambre avec quelqu’un d’autre.


E. 15 ans (anorexie)

Je me sens bien ici parce qu’on n’a pas de jugement entre les patients et qu’on fait même attention aux soucis des autres. Je sens que le travail que je fais me change et pour l’instant rien n’est difficile, au contraire je vois la vie en rose.


M. 21 ans (trouble alimentaire)

C’est plus facile de se retrouver dans une maison plutôt qu’un hôpital. L’ambiance est bonne et les groupes sont très utiles. Ils me permettent d’apprendre à avoir une nouvelle vision des choses ; bien que je trouve encore difficile de laisser tomber mon masque, de parler de moi et de mon état. Et quand il y a beaucoup de monde j’ai de la peine à créer des relations avec les autres.


A. 30 ans (trouble alimentaire)

Je trouve que le cadre, l’atmosphère et la convivialité sont très agréables. Le soutien thérapeutique, les groupes et le suivi du psy et des coachs sont très importants. Je peux dire que la Clinique m’a sauvé et que je reçois de la sécurité et du soutien d’un autre type que ceux de mes amis et ma famille. Mais je vois que j’ai encore de la difficulté à demander de l’aide et à m’exprimer lorsque je me sens mal. Du coup, j’ai de la peine à me faire une place dans les groupes, d’autant que certains patients parlent beaucoup et dans ces moments j’ai le sentiment de passer en second plan. Sinon, ce qui me manque ce sont des repas végétariens.


J. 41 ans (addiction à l'héroïne)

C’est un lieu formidable car le personnel est toujours disponible quand on en a besoin et les relations dans les groupes sont agréables. Cela m’a apporté une certaine stabilité au niveau de ma toxicomanie et j’ai le sentiment que je vais pouvoir refaire des projets et reprendre ma vie en main. En revanche, il m’est difficile de ne pas pouvoir consommer et la vie en communauté n’est pas ce que je préfère.


A. 42 ans (addiction à l'héroïne)

Je trouve qu’on est très bien entouré et protégé dans la prise en charge de notre addiction. Le personnel infirmier est disponible et à l’écoute de nos besoins. J’ai le sentiment d’être soigné, de me refaire une santé et que lorsque je sortirai, je serai au top de ma forme physique et surtout complètement guéri de ma dépendance. Je me suis très vite adapté à ce cadre, aux autres patients et au personnel. Toutefois, ma femme, mes enfants et mes amis me manquent et malgré les groupes, je trouve parfois les jours très longs.


F. 44 ans (dépendance affective)

Ce qui me convient ici ce sont les entretiens avec les psychologues et les coachs, les groupes et, en général les moments de partage et les repas. J’ai le sentiment d’arriver à être en relation avec les autres. Par contre, je vis mal le partage de la chambre et tous les aspects restrictifs des sorties, des contrôles systématiques de l’alcool dans les sacs et occasionnellement dans les chambres.


D. 51 ans (addiction à l'alcool)

La plupart du temps il y a une bonne ambiance et les groupes m’apportent beaucoup. J’espère être capable d’utiliser tous les outils qu’on me donne à ma sortie. Mais ce qui m’est difficile c’est le rapport avec certaines personnes à certains moments et le manque d’information.


D. 62 ans (addiction à l'alcool)

A la clinique j’ai trouvé de l’aide pour régler mes problèmes. L’atmosphère qui règne dans cet endroit m’a apporté un bien-être qui me permet aujourd’hui de faire face à mes problèmes et j’espère pouvoir atteindre le meilleur pour moi et les miens.


M. 46 ans (addiction à l'alcool)

J’ai trouvé des groupes qui m’ont bien convenu comme le groupe prévention de rechute, affirmation de soi, stress et anxiété et bien d’autres. Dès le début de mon abstinence, j’ai reçu beaucoup d’aide avec un bon accompagnement. Cela m’a permis de voir la vie autrement et surtout d’avoir de l’espoir pour le futur, de réfléchir et de reprendre soin de ma santé physique. Finalement, je ne trouve rien de difficile même si le temps du sevrage et la prise de contact avec les gens de la Clinique était un peu compliqué.


L. 35 ans (addiction au crack, cannabis, alcool et dépendance affective)

Avant mon hospitalisation à la Clinique Belmont, j'ai, pendant plus de 10 ans, tenté de trouver des moyens seul pour me libérer de mes addictions. J'ai pu avancer par moment mais je retombais au final dans les mêmes comportements, ce qui engendrait un profond sentiment d'échec et de perte de confiance! Venir à la Clinique Belmont a été la meilleure décision que j'ai pu prendre pour moi. Je ne pensais pas en être capable, mais je peux aujourd'hui affirmer, qu'après trois mois d'hospitalisation, j'ai retrouvé confiance, motivation et joie de vivre… L'équipe dans son ensemble (en passant par des infirmiers, coachs, psychologues, cuisinier, femmes de ménages et bien sûr la directrice) m'ont offert un soutien au quotidien. Le suivi est excellent, les groupes enrichissants et motivants, les échanges avec les autres patients stimulants et la nourriture en prime délicieuse. J'ai trouvé ici beaucoup de ressources et de chaleur humaine avec des professionnels de grande qualité! Aujourd'hui, je continue mon suivi à l'hôpital de jour, ce qui me permet de consolider mes bases et de continuer mon développement personnel. De plus, je sais qu'à chaque instant, si je me trouve en difficulté, j'ai la possibilité de trouver du soutien ici.

Merci infiniment à ce lieu et à ces professionnels d'exister.


 

 

Vous qui connaissez la Clinique Belmont, merci de nous faire part de vos témoignages
par email (info@cliniquebelmont.ch) ou par téléphone (+41 22 735 78 11).
Ceux-ci seront publiés sur cette page.